Racontez-nous votre histoire, comment vous est venue votre vocation ?
La découverte du raku a été pour moi une véritable révélation. Lorsque je me suis mise en freelance il y a 19 ans, la liberté d'organiser mon temps m'a ouvert de nouvelles portes. C'est ainsi que j'ai poussé la porte d'un atelier parisien où une céramiste pratiquait le raku, cette technique de cuisson ancestrale venue du Japon.
Dès ma première initiation, j'ai été captivée par la magie du processus. Le spectacle des pièces soumises au choc thermique, puis l'enfumage qui leur donne leur caractère unique - tout cela m'a conquise instantanément. C'est le feu qui devient l'artiste final, et cette part d'imprévu m'a fascinée au point qu'il m'était impossible d'envisager un autre type de céramique.
J'ai donc approfondi ma technique pendant plusieurs années, multipliant les cours de tournage. Je saisissais chaque occasion de pratiquer une nouvelle cuisson raku. Les retours enthousiastes sur mes premières pièces offertes à mon entourage m'ont encouragée à me lancer dans la vente. Au fil du temps, j'ai exploré de nouvelles variations comme le raku nu et le raku crin de cheval, m’ouvrant ainsi de nouveaux horizons créatifs.
Mon inspiration puise dans mon éducation artistique éclectique. Je suis particulièrement sensible aux formes que je croise - qu'il s'agisse d'œuvres d'art, d’objets aperçus dans une vitrine d’un magasin ou d'éléments naturels comme une graine ou encore une écorce. Ces rencontres visuelles ressurgissent souvent des mois plus tard, transformées par l'émotion et le souvenir. De plus, avec le temps j’ai découvert à quel point la philosophie du wabi-sabi et son acception de l'imperfection s’accordait naturellement avec le lâcher-prise nécessaire pour apprécier de travailler le raku. Face aux retours de plus en plus encourageants lors d'expositions et de salons, j'ai finalement choisi de me consacrer entièrement à cet art.