Comment travaillez-vous ?
Pour les sculptures, suivant la grosseur des chutes, je viens parfois redéligner, recouper, réaffiner l’épaisseur pour avoir la taille souhaitée. J’utilise lors de ces étapes des machines qui me permettent de dégrossir l’ensemble. Une fois le tracé fait, j’enlève la matière à la scie à ruban. Vient ensuite le travail à la main qui m’est très cher. C’est le moment où j’entre en contact avec le bois. Je mesure la force qu’il faut, certains plus denses que d’autres demandent plus de patience pour arriver à être sculptés. Un léger rappel que les choses prennent du temps et se méritent.
En enlevant progressivement de la matière, je vois peu à peu le soliflore ou la sculpture apparaître. Je perçois une multitude de nouveaux détails. Je sens si c’est la forme ou non qu’il doit prendre et je réajuste en fonction. Mes principales alliées dans ce travail sont les râpes qui me permettent d’obtenir une harmonie dans les courbes, les arrondis, les lignes droites. Gouges, couteaux et wastringues m’aident aussi à enlever de la matière. Le ponçage - toujours à la main - affine ensuite l’ensemble et apporte de la douceur. J’aime l’irrégularité et les subtilités qu’apporte ma main. J’aime cette sensation de réunir mon énergie, ma force et mon cœur pour façonner ces pièces.