La passion de la céramique raku est venue à moi il y a un peu plus de 13 ans, et ne m’a jamais quittée.
Exploration continue et sans fin de toutes les étapes de la création ; fascinante, dynamisante et addictive... et essentiellement nourrie de pratique et d’expérimentations.
La terre, avec ses forces, ses « humeurs », son extraordinaire adaptabilité...
Les cuissons de cette terre ; l’alchimie qui la transforme en matière solide.
Suivent alors, la patience des émaux ; les mélanges des multiples minéraux et oxydes à doser...
Puis, couronnement de ces minutieuses étapes, l’intensité des cuissons raku, où se côtoient en une joute passionnante, les épreuves du
savoir faire acquis et les aléas des acteurs à l’œuvre : l’air, le feu, l’eau, la force, le temps...
La céramique raku se vit comme la vie ; spontanéité, écoute de ce qui se dit et se fait, précision et patience, coups et chocs, préparations et découvertes inattendues, déceptions et grandes joies. C’est ainsi.
À l’écart d’une recherche de quelque sorte, c’est plutôt des instants présents, de l’écoute attentive, que se nourrit ma création et qu’émergent les pièces. La terre me guide ; je la suis, elle m’emmène ; et sans promesses, elle révèle ce qui doit être.
Sortent des fours, objets du quotidien ou décoratifs qui parlent à l’imagination, suscitent l’émotion de par leur sorte de présence, leur poésie, et sont connectés à notre énergie parce qu’ils sont intrinsèquement reliés à une nature brute et esthétique.
Comme un maillage de craquelures, mes pièces sont certainement traversées par mon histoire avec le Japon, lointaine, mais omniprésente et toujours intense.