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FLORENCE FARGE - ATELIER LES MAINS SUR TERRE

" Créer avec la porcelaine, c’est retisser un fil discret entre la main et la terre, entre l’objet et la nature, entre l’humain et le vivant. "

FLORENCE FARGE

ATELIER LES MAINS SUR TERRE

Artiste céramiste, Claix (38)

Entre graphisme et matière, image et vivant, cette artiste a choisi de renouer avec l’essentiel. Ancienne directrice artistique, elle opère un virage décisif pour se consacrer à la porcelaine, un matériau qu’elle explore avec délicatesse et instinct. Dans son atelier niché au cœur d'un vieux village, elle façonne des pièces uniques où se mêlent mémoire, empreintes végétales et poésie visuelle. Lauréate du prix Alpes ISHERE 2024 dans la catégorie Métiers d’art, elle nous ouvre les portes de son univers, profondément ancré dans le lien au vivant.

Racontez-nous votre histoire, comment vous est venue votre vocation ?

Diplômée de L’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne, j’exerce le métier de graphiste DA depuis une vingtaine d’années. La matière me manque. Je suis en quête de sens.

Mes aïeuls cultivaient la terre. J’ai, à mon tour fait germer, modelé ce dessein autour de la céramique. La porcelaine devient une nécessité. J’amorce alors un changement radical pour me former et vivre enfin la terre.

En septembre 2018, Daniel de Montmollin m’autorise à utiliser le titre de son livre pour le nom de mon atelier.

J’ouvre l’Atelier en octobre 2019, suite à un appel à projets lancé par ma Ville.

Le transfert d’images fait vraiment lien avec ma vie professionnelle d’avant. Je crée des visuels sur un support vivant : la porcelaine.

Lauréate Alpes ISHERE 2024, catégorie Métiers d’art

Comment décririez-vous votre style, votre démarche artistique ?

Depuis 2019, je crée des pièces uniques — luminaires, objets déco, bijoux et vaisselle — où se rencontrent porcelaine et impressions singulières. Mon travail se distingue par une signature visuelle forte, mêlant finesse et transferts d’images.

Quels sont les thèmes ou les sujets qui vous inspirent le plus dans votre travail ?

CRÉER AVEC LE VIVANT
Biophilie désigne ce lien inné, presque instinctif, qui nous relie au vivant. Un attachement si fondamental que notre équilibre en dépend. Un amour si profond qu’il devient manque lorsqu’on l’étouffe. Il y a l’évidence du corps. Nous savons.
Du grec bio, la vie, et philie, l’amour.
Je vis et je travaille sur les contreforts du Vercors.
La nature est un mode de vie, une présence, une respiration, une force silencieuse qui m’accompagne, jours après jours.
Créer avec la porcelaine, c’est retisser un fil discret entre la main et la terre, entre l’objet et la nature, entre l’humain et le vivant.
Cette mémoire guide chaque geste. Mes transferts d’images — issus de mes photos ou d’illustrations anciennes — prolongent ce dialogue. Une branche, un fragment végétal, avec un élément animal, une algue, un oiseau… viennent se déposer sur la terre crue. Comme si j’invitais le dehors, la nature, à s’ancrer sur mes créations, pour toujours.

Comment travaillez-vous ?

Je travaille beaucoup à l'instinct : je rêve mes pièces, je les vis.

Vous avez une technique particulière, un savoir-faire particulier ?

J'explore la matière vivante qu'est la porcelaine au travers de formes délicates souvent pensées comme éléments décoratifs.

Pour mes décors, j’utilise la technique de transfert d’images. J’applique un ou des visuels, comme une décalcomanie, sur porcelaine crue.
Ce procédé me permet de créer un univers onirique complexe, qui m’est propre. Je travaille à partir de mes propres photos que je réalise et/ou d’illustrations très anciennes. Je les remanie beaucoup, avant de trouver le décor qui me fasse vibrer.

Parlez-nous de votre quotidien, de vos contraintes, de vos joies, vos réussites…

J'aime la présence de la porcelaine, son intégrité, sa présence si forte.

Au quotidien, elle apprend la persévérance et la patience, de part ses exigences et ses déformations, à la cuisson.

Compagne sensible et délicate, j'explore sa finesse, au travers de pièces uniques ou de mini-séries, sous forme de collections.

Je suis heureuse de les agrandir toujours.

Un message à faire passer, autre chose que vous aimeriez partager ?

Je veux permettre à celui qui touche mes pièces de ressentir, même inconsciemment, cette proximité avec le vivant.
D’apparence fragile, la porcelaine porte en elle la mémoire de la terre, du feu, de l’eau et de l’air. Elle est, à sa manière, un fragment du monde.
Et peut-être que, lorsque l’on pose les yeux sur elle, quelque chose en nous se souvient de la lumière dans les feuillages, du chant des oiseaux ou du silence et de la beauté verdoyante des sous-bois, quand une pierre devient mousse, de cette nécessité profonde : rester relié au vivant.

QUELQUES PIÈCES DE L'ARTISTE

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